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Abattis
« L’abattis », vocable usuel pour désigner l’agriculture traditionnelle sur abattis-brûlis, est la forme d’agriculture la plus pratiquée en Guyane : elle représente 3 exploitations agricoles sur 4 (c’est-à-dire 4 700 exploitations sur plus de 6 300 au total en 2014), mais seulement 15 000 ha environ sur une SAU totale de près de 31 000 ha. Ce sont donc des micro-exploitations produisant essentiellement des tubercules (surtout en manioc avec 6 000 ha et igname) et de la banane. Caractérisée par un très faible degré de structuration, elle constitue presque la seule forme d’agriculture pour les communes de l’intérieur, les fleuves Maroni et Oyapock et une part importante des surfaces cultivées dans l’ouest guyanais. Cette pratique, parfaitement adaptée au climat tropical repose sur l’association d’espèces différentes, la limitation des intrants et une jachère longue. Elle permet d’optimiser le potentiel agronomique du sol, de limiter les attaques de maladies et de parasites et de diversifier les productions. On y retrouve ainsi manioc, bananes, tubercules (dachines, patates douces, ignames), maïs, ananas et quelques espèces maraîchères. L’agriculture sur abattis-brulis est essentielle pour la sécurité alimentaire de ces zones géographiques isolées. Elle est également facteur d’équilibre sociétal, voire culturel, générant un apport alimentaire à la famille ou une source de revenus complémentaires et contribuant à la transmission des savoirs et savoir-faire. Face aux évolutions de la société guyanaise- démographie, activités, nouveaux modes de consommation- cette agriculture est en pleine mutation. Elle mérite donc une reconnaissance et un accompagnement spécifiques pour aider les agriculteurs à se professionnaliser afin de garantir leur capacité à nourrir les populations éloignées des circuits formels de distribution alimentaire. Les productions végétales issues du système d’abattis représentent en Guyane un poids économique, culturel et social important et constituent un socle commun aux diverses cultures présentes sur le territoire guyanais.
2 types d’abattis coexistent aujourd’hui :
l’abattis traditionnel, orienté vers l’autoconsommation qui assure l’auto-subsistance des populations du fleuve Maroni et participe ainsi fortement au maintien des populations rurales sur ces territoires isolés. Ces abattis sont principalement cultivés et récoltés par des femmes et les enfants, mais les hommes participent en nettoyant (abattage, brûlis) la parcelle.
l’abattis destiné au moins en partie à la commercialisation de couac, et/ou de légumes, bananes. Des arbres fruitiers peuvent également être plantés pour une partie de la parcelle. Les personnes concernées ont décidé de faire de l’agriculture leur métier et essaient de moderniser leurs exploitations. Cela concerne environ 10% des exploitations recensées pratiquant l’abattis.
Pour atteindre un taux de couverture de la consommation par la production locale actuelle, la production doit augmenter au même rythme que la population. Ceci passe par une intensification de la production et/ou une extension des cultures sur les petites exploitations familiales.
 

A lire : "Agriculture Hausse des surfaces cultivées en manioc"_INSEE 2016

INSEE_manioc2016 (format pdf - 434.6 ko - 15/12/2017)