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La filière forêt-bois guyanaise

La troisième filière économique de Guyane

La filière forêt-bois compte environ 250 entreprises dont près de 90 % de TPE, et emploie directement plus de 900 personnes. Son chiffre d’affaires global est de l’ordre de 100 M€, pour environ 80 000 m³ de grumes exploités chaque année.
L’ONF, en tant que gestionnaire, met à disposition des entreprises d’exploitation forestière des parcelles du domaine forestier permanent (DFP) gérées durablement au travers d’un aménagement forestier.
La première transformation comprend l’activité d’exploitation forestière ainsi que les unités de sciage et de rabotage du bois, soit environ 40 entreprises pour plus de 200 salariés. La seconde transformation regroupe les entreprises transformant le bois en sortie de scierie (charpentes, mobiliers, bois profilés, artisanat d’art, etc.) et assurant la pose de produits finis (charpente, menuiserie, agencement). Elle est composée de plus de 160 entreprises et concerne plus de 600 emplois. L’activité dominante de la seconde transformation est la production de charpentes et de composants menuisés pour la construction. Ce secteur d’activité emploie en effet plus des deux tiers des salariés et réunit la totalité des PME recensées dans la seconde transformation.

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Grumes en scierie© X.Demongin/ Min.Agri.Fr

Une filière structurée, à un tournant de son développement

Malgré les avancées, la filière bois guyanaise se situe aujourd’hui à un tournant car l’amont de la filière connaît une situation tendue depuis plusieurs années due :

  • aux coûts importants de gestion et d’exploitation forestière ;
  • à l’absence de filière de valorisation des connexes de l’exploitation forestières et des connexes de scierie, pénalisant la rentabilité globale de la filière ;
  • à la forte dépendance à la commande publique et la concurrence avec le bois importé et les autres matériaux de construction, rendant impossible la revalorisation des prix des sciages guyanais.

Toutefois, la filière bois, parmi les plus dynamiques et les mieux structurées de Guyane, affiche une stratégie de développement ambitieuse avec une volonté de tripler les volumes de bois d’oeuvre exploités dans les 10 prochaines années. Les professionnels comptent notamment sur l’émergence d’une filière bois énergie – biomasse pour augmenter les volumes exploités et améliorer la rentabilité de la gestion et de l’exploitation forestière.

La mise en œuvre de cette stratégie passe par un certain nombre d’orientations et de mesures en cours de définition dans le cadre du Programmation régional forêt-bois (document d’orientation pour la forêt guyanaise qui doit remplacer les ORF de 2005 et dont l’élaboration est copilotée par les représentants de l’Etat et la CTG) :

  • un meilleur positionnement des bois guyanais à l’export et sur le marché local ;
  • le déploiement de la filière bois énergie – biomasse avec la mise en production dans les prochaines années de plusieurs centrales biomasse ; ce nouveau débouché permettra de valoriser les coproduits de l’exploitation et du sciage de bois d’œuvre et donc d’améliorer les marges ;
  • la mise en place de dispositifs d’aides adaptés pour soutenir l’exploitation forestière, notamment pour compenser les handicaps structurels auxquels est confrontée la filière ;
  • le développement de plantations forestières qui, à moyen / long terme, pourraient offrir une source d’approvisionnement plus facilement mobilisable que le bois des forêts naturelles (plus proche des outils de transformation) et à moindre coût.
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Débardage de grumes en forêt© X.Demongin/ Min.Agri.Fr

La crise de 2017 a vu la mobilisation de la filière bois et notamment l’inscription des mesures forestières suivantes dans les accords de Guyane :
- Mise en œuvre d’un dispositif d’aide pour la compensation des surcoûts de la filière bois guyanaise
- Création d’une aide nationale à l’investissement dans l’amont forestier
- Obligation d’utiliser le bois dans les constructions publiques et les constructions financées par des fonds publics
- Soutien de l’ONF pour le respect de l’engagement du gel des prix de vente des bois sur pied tout en maintenant les investissements nécessaires au développement de la filière forêt-bois en Guyane
- Nomination d’un médiateur pour appuyer les sociétés porteuses des projets biomasse en Guyane lors de leurs négociations avec la CRE
- Extension des dispositifs de la LOREOM renforcée

La mise en place de la Commission régionale forêt bois fin 2017 (coprésidée Etat-CTG), l’élaboration en cours du Programme régional forêt-bois, le lancement par la DIECCTE de l’élaboration d’un contrat régional stratégique de filière sont autant d’espaces pour fixer de manière concertée entre l’État, la CTG et les socioprofessionnels, les conditions d’un développement durable et rentable de la filière bois en Guyane.